Les Harpes Camac

Camac est un des leaders mondiaux dans la fabrication d'harpes. Situé à Mouzeil (Loire Atlantique), en pleine campagne nantaise, l'atelier de Harpes Carnac (60 personnes, 6 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2004) ne paie pas de mine.


Cependant, à l'intérieur de cette usine qui fera bientôt peau neuve, c'est dans un monde fascinant que l'on pénètre. La société française fait partie du club très fermé des constructeurs de harpes qui compte seulement cinq représentants au monde. Elle produit ici, grâce à un savant dosage de démarche artisanale et de production industrielle, un des plus complexes instruments de musique qui soit. « Chaque harpe nécessite près de 2000 pièces, soit 800 références de fabrication », précise Yves Linard, directeur de la production. Une soixantaine de harpes (celtiques, pour étude et de concert) y voient le jour chaque semaine, et certaines sont sur mesure.

A la complexité de fabrication s'ajoute une quête permanente de la perfection. Des multiples prototypes sont étudiés ici pour donner naissance à la prochaine génération d'instruments, dont celui d'une harpe électronique mené en collaboration avec des laboratoires de recherche.

Améliorer l'acoustique de l'instrument

La fabrication de cet instrument qui cumule une partie en bois, très ouvragée, avec un système mécanique qui commande les cordes, et la nécessité de mieux gérer les modifications ont imposé le passage à un système de CFAO 3D. «Nous cherchions un outil facile à utiliser et capable de nous assister dans nos travaux de conception et de fabrication. Nous avons choisi, en juin 2004, après une minutieuse analyse du marché, le logiciel TopSolid de Missler Software», précise Yves Linard qui chapeaute aussi le bureau d'études de la société.

En fait, la société a mis en place un projet de développement d'une nouvelle harpe «Notre objectif est d'améliorer en permanence l'acoustique de l'instrument ce qui impose des changements sur la géométrie de la caisse de résonance mais aussi sur la partie mécanique, sur le plan de cordes …», souligne Jakez Francois, le PDG de la société.

Camac gagne en réactivité et en qualité avec TopSolid

Les multiples simulations de l'agencement de différentes parties et du fonctionnement des ensembles mécaniques qu'assure le logiciel de CFAO s'inscrivent dans cette démarche. «Le système nous permet de modéliser l'instrument, nous aide a mieux comprendre son fonctionnement et le rôle de chacun de ses composants », insiste quant à lui Yves Linard. En effet, à la différence d'un piano, chaque corde de la harpe a une situation mécanique différente. Et quand on sait qu'un tel instrument, qui pèse entre 35 et 40kg, possède de 44 à 47 cordes, la complexité à gérer est évidente. Le logiciel s'enrichit ainsi pas à pas d'une base de connaissances qui archive tous les plans de pièces et les gabarits d'usinage.

TopSolid permettra d'améliorer l'ergonomie, d'affiner le calcul de l'équilibre de l'instrument. Bref, le logiciel dope la réactivité de l'entreprise avec un gain de temps sensible dans la conception et la fabrication. De quoi réduire sensiblement le délai de livraison d'une commande. Il est actuellement de six mois.

«Faire le choix entre deux types d'éléments de la harpe ne prend plus qu'une journée au lieu d'une semaine auparavant», note le directeur de production. Le cas de 88 fourchettes, fabriquées en 40 modèles différents, qui commandent les cordes, est encore plus significatif. Il fallait auparavant réaliser un programme pour chacun de ces modèles et y porter les éventuelles modifications. Avec TopSolid, un seul programme suffit : les modifications sont automatiques. Même souplesse pour analyser la cinématique de l'instrument : une simulation détermine les rotations, voire les interférences de ses mécanismes. Enfin, côté usinage, les programmes destinés aux tours Realmeca et autres Traub sont directement conçus grâce au modèle 3D.

Mirel Scherer , Industrie et Technologies